
Dans mon travail avec les femmes, je vois une situation revenir sans cesse. J’ai perdu le compte des fois où j’ai entendu : « Le personnel m’a fait sentir que… ». Une femme m’appelle parce qu’on la pousse vers une situation médicale qu’elle ne veut pas. Elle sait qu’elle peut légalement dire « non ». Quelque chose la retient. Quand je lui demande pourquoi elle m’a appelée, je sens qu’elle cherche ma validation pour aller contre l’avis d’une autre personne.
Ce n’est pas mon rôle. Je ne dirai jamais à une femme de refuser une intervention, pour trois raisons :
Ce n’est peut-être pas la bonne décision pour elle.
Ce serait lui voler sa liberté de choix.
C’est elle qui va vivre les conséquences de ces choix.
Lui dire quoi faire, ce serait faire la même chose que ce que l’on reproche à d’autres. La même pensée fondée sur la peur, un peu plus de division, un peu plus de manque d’autonomie.
Mon objectif est tout autre : aider les femmes à trouver leur propre posture intérieure, pour qu’elles fassent des choix alignés et confiants, depuis l’Amour en soi et non depuis la peur.
La validation externe, c’est ce qu’attend un enfant, je crois. Il souhaite se repérer pour savoir si l’autorité qui connaît le monde considère qu’il peut agir de telle ou telle manière. Enfant, cela garanti sa sécurité. Adulte, cela montre qu’il n’a pas encore réalisé le retournement nécessaire à « l’impression de soi sur le monde ». Enfant, le monde nous donne forme, adulte, nous pouvons donner forme au monde.
Alors pourquoi est-ce parfois si difficile pour une personne de dire simplement « non » en face d’une figure d’autorité ?
Ce qui me ramène à cette phrase : « Le personnel (ou telle personne) m’a fait sentir… »
Est-ce que la personne porte la responsabilité de ce que nous sentons ? Dans une certaine mesure, oui, si elle est violente, méchante, dure, cassante, vexante, humiliante etc. Mais nous portons aussi la responsabilité de la gestion de nous-mêmes. La personne extérieure a le droit d’être qui elle veut et nous avons aussi le droit de choisir qui nous voulons être.
Pour cela, un premier travail est nécessaire.
Comment le fait de comprendre la véritable source de ces déclencheurs émotionnels peut aider les femmes comme les hommes à s’en servir comme occasions de grandir ?
La complexité derrière le fait de dire « non »
Les conseils sur les comptes Instagram de naissance et de santé répètent que « non » est une phrase complète. Mais soyons honnêtes : qui peut dire non simplement sans se justifier ?
Par ailleurs, « dire non » ferme toute possibilité de discussion, et donc de rencontre avec l’autre. Il ne s’agit pas de se positionner en personne forte, souveraine ou encore puissante. Nous ne cherchons pas à être « au-dessus de » ou à avoir du « pouvoir sur ». Il s’agit d’interagir avec une personne et de travailler une relation, même si elle est de courte durée.
Pour information : on pourrait s’attendre à ce que je ne m’adresse qu’aux femmes, mais les hommes sont touchés par ces problèmes également.
Nous parlons à des personnes qui n’arrivent pas discuter avec leur propre mère ou père, qui parfois ne parviennent pas à demander au gynécologue d’arrêter s’il leur fait mal. Nous sommes blessés, profondément, et beaucoup d’entre nous ignorent d’où vient ce traumatisme ni comment il affecte notre comportement à l’âge adulte.
Alors, comment attendre de ces personnes qu’elles disent simplement « non » ou qu’elle discute à partir d’un calme intérieur sans se perdre dans des explications ? La peur de la réaction en face peut être paralysante…
Quand une personne décide en fonction de facteurs externes, par exemple en cherchant la validation des autres, elle ne décide pas vraiment. Elle réagit, par peur. Beaucoup de personnes ne savent pas se connecter à leur propre authenticité, encore moins faire des choix guidés par le cœur. Et quand ça tourne mal, le blâme tombe sur une personne extérieure.
Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas appris à regarder à l’intérieur d’elle-même. Beaucoup d’entre nous n’ont pas ressenti la possibilité, le besoin de se familiariser avec notre monde intérieur.
On nous a éduqué à suivre, à être sage, et devant un mauvais résultat, nous ne pouvons souvent pas l’accueillir sans pointer quelqu’un du doigt. Accepter notre propre responsabilité est trop blessant.
Attendre d’une personne des décisions alignées et autonomes quand toute sa vie elle a reçu le message de se conformer, de s’accommoder, c’est irréaliste.
Même celles qui semblent effrontées ou franches cèdent souvent à la peur, cachée en dessous. D’ailleurs, être effrontée est aussi une réponse traumatique. C’est ce qui donne naissance à une attitude rebelle systématique, parfois provocante, qui a des choses à prouver. Aux autres ? A elle-même ?
C’est avant tout une méthode de survie pour des personnes dont la voix n’accepte pas de se taire, des enfants qui ont décidé d’exister même si on ne les comprenait pas. C’est une étincelle qui a refusé de s’éteindre.
La personne qui se tait, qui se soumet parfois, préfère s’éteindre et brûler secrètement à l’intérieur. Ainsi, elle sera plus en sécurité.
Est-ce la « faute » de l’autre ou est-ce notre traumatisme d’enfance qui parle ?
Il existe deux raisons qui déclenchent nos propres émotions en face d’une personne
L’émotion factuelle qui tétanise et empêche de dire non
– Quelqu’un qui ressent une certaine émotion projette cette émotion. Dès lors, nous la ressentons. Si en plus ses mots portent cette émotion, et qu’elle même parle à partir de cette émotion, alors nous allons la recevoir. Ainsi, une personne en colère peut rayonner la colère et parler à partir de sa colère. Ses mots seront comme « enrobés » de colère, nous en avons tous fait l’expérience. Mais une personne peut aussi ressentir une émotion plus subtile : une frustration, une peur face à sa perte de pouvoir, un besoin de domination, une habitude à manipuler pour ne pas souffrir etc. les mots vont eux-aussi trouver leur racine dans ces émotions ou ces sentiments.
Une personne qui parle à partir de son émotion n’en a souvent pas conscience et il s’agit d’émotions qu’elle ne parvient pas à reconnaître et à maîtriser.
Ces émotions ont quelque chose de factuel et plusieurs personnes qui vont se trouver en face de quelqu’un qui extériorise de telles émotions pourront être en mesure de ressentir les mêmes impressions face à elle. Certes, nous ne sommes pas tous égaux pour décrypter les émotions des autres, si elles sont subtiles…
C’est une des premières choses à observer, à accueillir : les émotions « factuelles ». Emotions qui seront renforcées par le simple fait de dire non.
La plupart des associations, des entreprises et les hôpitaux ne font pas exception, sont des lieux sociaux ou chaque être humain est régulièrement mis face à ses émotions et à celles des autres.
Dans ce cas là, la personne en face peut donc nous envoyer des émotions et elle pourrait porter en quelque sorte la responsabilité de l’émotion qu’elle envoie au monde. Mais là encore, selon les cas, cela se discute, est-on toujours responsable de nos émotions si nous n’en sommes pas conscients ?
L’émotion qui nous déclenche
– Il existe aussi des paroles, des attitudes, des gestes qu’une personne va extérioriser et qui vont déclencher chez nous une réponse
émotionnelle importante. Réponse qui ne sera pas la même pour chacun. Nous avons tous vécu ou vu des situations ou la personne semble réagir à une situation de manière complètement disproportionnée alors que la même situation ne nous touche pas du tout et vice versa.
Ses réactions émotionnelles que nous vivons quand nous nous sentons « déclenchés » ne viennent pas forcément de l’autre. Elles sont enracinées dans nos propres traumatismes de jeunesse (enfance et adolescence) non résolu, stockés dans l’inconscient, qui refont surface sans cesse à chaque situation « sœur ». La plupart du temps, nous ignorons ces sentiments, car ils sont difficiles à vivre, à accepter et parfois aussi parce qu’on nous a trop souvent empêché de les accueillir.
Par exemple, une situation banale de l’enfance : un jeune enfant à qui l’on répète de « se taire » ou d’« arrêter de faire des histoires » chaque fois qu’il exprime un inconfort ou une émotion. Sur le moment, ça n’a l’air de rien. Au fil des années, l’enfant apprend que ses sentiments ne comptent pas, qu’il est plus sûr de faire taire ses besoins et son authenticité que de risquer de contrarier les autres et de perdre un attachement. Devenu adulte, cela peut donner un oubli de soi, une personne qui s’excuse trop souvent, ou l’incapacité à poser des limites. Au fond, nous avons appris que nos sentiments ne sont pas importants, n’ont pas droit de citée.
Aussi, dès que nous rencontrons une personne ou une situation qui fait écho à ce vécu intérieur profond (situation sœur), il nous tend en réalité un miroir vers notre propre soi non aimé, vers l’enfant qui n’est pas en sécurité. Ce n’est pas toujours ce qu’elle a dit ou fait. C’est la façon dont ces mots ou ces actions réveillent une vieille blessure, une blessure qui réclame de l’attention et que nous avons longtemps ignorée.
Par exemple, si quelqu’un nous dit que nous n’existons pas, nous n’allons pas le croire, mais s’il critique nos choix de vie, nos valeurs profondes alors nous pouvons ressentir le besoin de nous défendre. Pourquoi ? Par peur qu’il n’ait raison, parce qu’au fond nous doutons nous aussi de nous-mêmes.
Et si je dis nous aussi, c’est parce que la personne qui nous critique, le fait aussi pour se rassurer, pour construire intellectuellement et émotionnellement des validations de ses propres choix. Si nous nous trompons, alors elle ne se trompe pas.
Si on vous suggère quelque chose et que cela ne nous convient pas, le conflit intérieur peut surgir et l’anxiété qui va avec.
On sait que le contraire de la peur est la confiance.
Aussi, dans le conflit réside la peur, la peur de l’enfant que nous avons été et qui n’a pas été accueilli tel qu’il était.
Dès lors, quelle est la véritable question à se poser ? Ai-je confiance en mes décisions ? Ou suis-je encore cet enfant que l’on n’a pas accepté ? Dire non dans ce cas est-ce sage ? Est-ce vraiment le « moi » de maintenant qui dit non ?
Ce sont ces traumatismes non résolus de notre passé qui nous font réagir émotionnellement plutôt que rationnellement.
Voir les relations autrement
Finalement, toute rencontre humaine que cela soit avec nos enfants, notre conjoint, notre patron, un médecin, une sage-femme, un client etc. , est une occasion de guérir.
Ces blessures viennent toutes de la même source : l’absence ou le manque d’amour de celui qui créé le traumatisme et de celui qui le reçoit. Je ne donne pas (assez) d’Amour et/ou je ne reçois pas (assez) d’Amour.
Toute rencontre humaine est sacrée. Et la vie est tellement bien faite, que nous allons régulièrement rencontrer les personnes prêtes à créer ces situations sœurs pour éclairer ces zones d’ombre et qui sait ? peut-être les résoudre.
Et si j’ignore mes émotions et mes sentiments ?
On pourrait se dire que tout ceci est trop difficile et que l’on préfère ignorer ce qui se passe et continuer à réagir comme cela vient.
Je reste inconsciente…alors l’inconscient conduit mon âme à ma place.
C’est un choix que l’on peut faire, cependant, cela ne s’arrêtera pas là.
Si nous continuons à ignorer la racine de nos émotions et sentiments, notre corps finira par ressentir la tension en lui-même, et le psychologique, en quelque sorte, entrera dans le somatique (le corps). C’est son moyen à lui de signaler, plus fort, que la situation n’a pas été réglée. La souffrance de l’âme devient souffrance du corps.
Beaucoup d’approches de soins allopathiques et même naturels, uniquement centrées sur le corps, ignorent le lien émotionnel profond avec la santé physique. Or l’esprit précède la matière…
Le saviez-vous ? Par exemple, nous stockons la colère non résolue dans notre foie. Des années sans nous exprimer vraiment, sans poser nos limites ou pas correctement, peuvent donner des problèmes de thyroïde. Nos corps retiennent les émotions, en particulier celles qui sont non traitées et refoulées.
Il est tout à fait possible de ne pas croire cette théorie. J’encourage toujours à essayer de comprendre, à chercher en soi. Est-ce que cela résonne ? Ou non…
On peut aussi se demander si on veut vraiment avancer, guérir, ou si on ne s’en sent pas les forces. C’est très personnel comme décision. Et c’est en toute liberté que l’on choisit si l’on se met en chemin de guérison ou pas encore. Car un jour ou l’autre, dans cette vie ou la prochaine (!), nous ferons très probablement le travail…
Pour aller plus loin
Nous pouvons nous écouter nous-mêmes. Sentir notre propre alignement, notre posture intérieure. Comment va notre corps ? Quel est l’état de santé de votre entourage ?
Il existe un lien entre les parties de notre corps et les émotions que nous ressentons. La médecine chinoise en tient compte depuis plusieurs milliers d’année. Le décodage biologique permet aussi de mieux comprendre le lien.
Par exemple, si nous n’avons jamais ressenti de sécurité ni d’ancrage étant enfant, si nous avions une relation toxique avec votre mère, avec le temps, ce type de traumatisme non résolu peut mener à des problèmes de santé liés au chakra racine (vers le périnée) : fibromes, syndrome du côlon irritable, douleurs lombaires…
Les émotions, les pensées et le corps sont étroitement liés. Si depuis l’enfance, on nous a appris à mettre de côté une partie de nous-mêmes, cette partie demandera à exister à un moment ou à un autre.
Lire cet article n’est pas une réponse extérieure, c’est un chemin qui est juste montré. C’est à nous de choisir le chemin que nous prenons. Il n’est pas demandé de croire mais d’expérimenter, de vivre, de ressentir. Le corps, l’âme, l’esprit sont la validation intérieure. Et personne ne peut vous dire que c’est faux, cette validation intérieure vous appartient.
Soigner n’est pas confortable
Souvent, enfants, lorsqu’on voulait soigner nos genoux, on commençait par nous faire mal (« Aïe ! ça pique!)… lorsqu’on prend un remède, parfois il n’est pas bon même s’il est efficace, remettre un os en place fait terriblement souffrir.
Aller vers la guérison c’est souffrir un peu plus et pourtant notre réflexe face à la souffrance c’est de vouloir l’arrêter.
Notre société est devenue championne de la fuite : on regarde des films ou des séries pour vivre dans un autre monde et être un autre personnage, ressentir des émotions qui ne sont pas les nôtres. D’autres vont jouer aux jeux videos, scroller sur le téléphone, certains, vont lire des romans pour s’évader, faire du shopping, boire, fumer, se plaindre, accuser l’autre etc.
Plus on fuit et plus la douleur nous rattrape, un jour ou l’autre… la guérison n’arrivera pas en fuyant.
Aller au fond de ce que l’on ressent permet de rencontrer sa douleur, de la reconnaître. Elle ne partira pas avant cette étape.
Commencer simplement
1 – Choisir le bon moment : une période calme de la vie, pas une période de stress intense où on a à faire face à trop de problèmes. Nous devons nous sentir en sécurité.
2 – Rencontrer son monde intérieur : c’est le moment de débuter la méditation en commençant simplement par prendre 5 minutes par jour (au minimum) pour se recentrer sur soi. Ce moment devrait être un plaisir pas une obligation. C’est un moment que l’on s’offre, que l’on s’autorise. Détendre le corps, du bout des pieds au sommet de la tête. Puis se concentrer sur sa respiration, mettre de l’attention sur les zones de tension du corps et les détendre au maximum possible en soufflant. Penser ensuite, aux émotions que l’on a en ce moment, à ce qui nous pose problème, en observant les émotions et les ressentis comme si nous étions une personne extérieure à nous-mêmes. Nous devenons notre propre observateur. Accueillons là où nous en sommes, et qui nous sommes.
3 – Choisir un bon soutien humain, un ami ou un professionnel (thérapeute en qui nous avons confiance) qui sait ce que l’on veut entreprendre et qui sait ce que cela demande.
4 – Ouvrons les yeux et le coeur sur les situations sœurs. Chaque rencontre est une occasion de mettre le doigt sur nos vécus émotions, nos souffrances, nos boutons (ceux sur lesquels les autres appuient pour nous faire démarrer!)…ce sont des occasions de grandir, de devenir l’adulte que nous aimerions être. Car on peut rester des enfants jusqu’à la fin de sa vie….
On peut même pousser l’expérience jusqu’à remercier ces situations difficiles.
Accueillir la douleur, lâcher prise, accueillir l’enfant en nous qui devient parent…c’est aussi ce que l’on est invitée à faire lors de notre accouchement.
Toutes les réponses qui nous concernent sont en nous. Un aide extérieure peut nous aider à mettre des mots sur ce que nous ressentons et à trouver nos propres solutions.
La guérison est un voyage pas une destination et elle commence par l’accueil, par le grand OUI à la vie !
Ensuite, nous pourrons dire « non ».
Vous pouvez prendre votre premier rendez-vous en visioconférence
GRATUIT et SANS ENGAGEMENT en écrivant à cette adresse:
bienvenue arobase naissance-naturelle.com.
Important : Cet accompagnement est un soutien éducatif, émotionnel et informatif non médical. Il ne remplace en aucun cas le suivi médical de la grossesse et de l’accouchement réalisé par une sage-femme diplômée d’État ou un médecin. Toute surveillance médicale, examen ou décision clinique relève exclusivement des professionnels de santé habilités.




