Doula Alès

Les bienfaits apportés par les Doulas et les accompagnantes périnatales

Certaines d’entre vous en ont entendu parler, d’autres peut-être plus citadines, ont déjà pu faire appel à une doula ou à une accompagnante à la naissance. Et comme de nos jours, il nous faut souvent des études scientifiques pour valider l’évidence (!), nous allons explorer l’avis de la Science qui montre que la chaleur humaine fait du bien aux personnes qui vivent un passage important dans leur vie…CQFD

L’étude qui a lancé le mouvement des doulas

Tout commence réellement avec les travaux de Marshall Klaus, John Kennell et Phyllis Klaus, publiés dans leur ouvrage The Doula Book en 2002. Ces chercheurs américains ont comparé des accouchements avec et sans présence continue d’une doula, et les résultats ont surpris pas mal de monde à l’époque.

Voici ce qu’ils ont observé chez les femmes accompagnées par une doula pendant le travail :

  • Une baisse de 50% du taux de césariennes
  • Un travail raccourci de 25%
  • 60% de recours en moins à la péridurale
  • 40% d’utilisation en moins d’ocytocine (le médicament qui stimule les contractions)
  • 30% de moins d’interventions aux forceps
  • 30% de moins de recours aux médicaments antidouleur, toutes catégories confondues

Ces chiffres ont posé les bases de tout ce qui allait suivre dans la recherche sur l’accompagnement à la naissance.

Ensuite, la grande étude Cochrane

Si l’étude Klaus/Kennell a ouvert la voie, c’est la revue systématique Cochrane de 2011 qui a vraiment consolidé les connaissances sur le sujet. Et pour cause : elle regroupe 21 essais cliniques randomisés menés auprès de 15 061 femmes à travers le monde. On parle ici d’une des analyses les plus robustes jamais réalisées sur le soutien continu pendant l’accouchement.

Les conclusions sont sans appel. Les femmes accompagnées de façon continue pendant leur travail avaient significativement moins de risques de :

  • Recevoir une anesthésie régionale
  • Avoir recours à une analgésie, quelle qu’elle soit
  • Subir une extraction instrumentale (forceps, ventouse)
  • Accoucher par césarienne
  • Se retrouver avec un bébé présentant un score d’Apgar faible à 5 minutes
  • Se déclarer insatisfaites de leur expérience d’accouchement

À l’inverse, elles étaient plus susceptibles d’accoucher spontanément, sans instruments ni chirurgie, et leur travail avait tendance à être plus court.

Un détail intéressant ressort de cette étude : les bénéfices semblent encore plus marqués lorsque la personne qui accompagne n’appartient pas au personnel de l’hôpital. Autrement dit, une doula externe, dédiée uniquement à la mère et présente du début à la fin, apporte souvent plus qu’un membre du personnel soignant qui doit jongler entre plusieurs patientes.

Les chercheurs à l’origine de cette étude vont même plus loin dans leurs recommandations : ils suggèrent que le soutien continu pendant l’accouchement devrait devenir la norme, et non l’exception, avec des politiques de santé qui prennent en charge ce type d’accompagnement.

Des bienfaits psychologiques qui tombent sous le sens

Au-delà des chiffres sur les interventions médicales, d’autres travaux complémentaires ont mis en lumière des bénéfices moins visibles et pourtant fondamentaux :

  • Une réduction du risque de dépression post-partum
  • Un sentiment de sécurité renforcé et un stress diminué pendant le travail
  • Une meilleure satisfaction générale et un sentiment de contrôle retrouvé pour la mère
  • Des nouveau-nés plus éveillés à la naissance, ce qui facilite le démarrage de l’allaitement
  • Une relation de couple parfois renforcée par cet accompagnement partagé

L’Organisation mondiale de la santé prend position

L’OMS s’est saisie de ces résultats. Dans ses recommandations officielles sur les soins intrapartum publiées en 2018 (WHO recommendations: intrapartum care for a positive childbirth experience), l’organisation est catégorique :

« Un accompagnement continu par une personne de soutien tout au long du travail et de l’accouchement est recommandé. »

Cette recommandation fait partie des pratiques fortement encouragées par l’OMS qui s’appuie directement sur les résultats de la revue Cochrane évoquée plus haut.

Ce que précise l’OMS, c’est que cet accompagnement doit être continu, contrairement à la présence intermittente du personnel médical classique qui, faute de temps, ne peut pas toujours rester en permanence auprès d’une seule patiente. L’organisation ajoute aussi que cette personne de soutien peut être une doula, un membre de la famille, le partenaire, ou toute personne choisie librement par la femme elle-même.

Cette position s’inscrit dans une philosophie plus large que défend l’OMS : celle d’une expérience d’accouchement positive, centrée sur les besoins réels de la femme, qui vise à limiter la médicalisation excessive des accouchements à faible risque et à redonner aux femmes une forme d’autonomie dans un moment aussi intime que la naissance.

Un consensus scientifique qui se dessine ?

En croisant les données de Klaus et Kennell, les conclusions massives de la revue Cochrane, et la position officielle de l’OMS, un constat se dégage clairement : la présence continue d’une doula ou d’une personne de soutien pendant l’accouchement n’est pas juste une question de confort ou de tendance. C’est une pratique appuyée par des décennies de recherche, qui a des effets mesurables sur le déroulement de l’accouchement, sur le bien-être psychologique de la mère, et potentiellement sur la santé du nouveau-né.

Souvent, le monitoring est utilisé pour remplacer les sage-femmes qui ne sont souvent que deux dans les services des hôpitaux. Dans les sociétés traditionnelles, la femme qui accouche est toujours accompagnée par des femmes, sa mère, sa sœur etc. en choisissant les personnes qu’elles désirent. Parfois, elle peut choisir la solitude mais si l’accompagnement est bon, la chaleur humaine la rassure à un moment de grande vulnérabilité.

Si seulement, la mère pouvait avoir une femme à ses côtés pendant l’accouchement avec le père s’il le désire, cela pourrait tout changer…souvent les hôpitaux n’accepte qu’une personne avec la mère. Y-t’il une problématique de territoire ?

Par ailleurs, nous, les accompagnantes, pouvons aussi nous poser des questions sur notre manière d’aborder le personnel soignant. Nous avons les mêmes objectifs avec des chemins différents pour y parvenir.

Comment permettre de mieux nous rencontrer ?

La question est ouverte… !

Sources :

  • Klaus, M., Kennell, J., & Klaus, P. (2002). The Doula Book: How a Trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier, and Healthier Birth. Da Capo Press.
  • Hodnett, E.D., Gates, S., Hofmeyr, G.J., & Sakala, C. (2011). Continuous support for women during childbirth. Cochrane Database of Systematic Reviews.
  • Organisation mondiale de la santé (2018). WHO recommendations: intrapartum care for a positive childbirth experience.
  • doulas.info — Les bénéfices de l’accompagnement à la naissance
  • doula.ch — Les avantages d’une doula
  • pourquoidocteur.fr — Les bienfaits de l’accompagnement par une doula