Le laĉher prise

Pendant des mois, on se prépare. On lit, on suit des cours, on imagine le jour J dans les moindres détails. Et puis, quand ce jour arrive, on s’aperçoit que l’accouchement a pris un tour bien à lui, inimaginable, dans la plupart de ces détails positifs et négatifs. Comment expliquer cet écart, presque systématique, entre l’accouchement rêvé et l’accouchement vécu ?

L’accouchement n’est pas un acte technique

Pour comprendre pourquoi la réalité échappe si souvent au plan, il peut être nécessaire de définir l’accouchement lui-même. L’accouchement est un processus, un véritable « franchissement de limites ». Et ce processus n’appartient à personne en particulier, ce n’est pas seulement « une affaire de femme ». Certes, il se joue d’abord entre la mère et l’enfant, puis s’élargit au partenaire car le couple attend son enfant à deux. Si le partenaire s’inclut dans le processus, le soutien et la force peuvent être décuplés.

Le processus s’ouvre ensuite à toute l’équipe soignante présente : le temps de la naissance et tous ces acteurs forment une communauté de destin, au moins pour un temps, engagée ensemble dans le déroulement de l’événement. Évènement qu’ils sont tous capables de l’influencer.

Cette définition a une conséquence directe : si la naissance est un franchissement de limites, alors la douleur et l’imprévu qui l’accompagnent ne sont pas des accidents de parcours, mais une part constitutive de ce que traverse la femme qui accouche.

Pourquoi le contrôle devient un piège

La difficulté la plus fréquente que l’on peut observer chez les femmes d’aujourd’hui tient à la préparation qu’elles ont reçue tout au long de leur suivi de grossesse : un suivi construit autour de la mesure, du contrôle et de la norme. Vient alors le jour de l’accouchement, où il faut au contraire lâcher prise et faire confiance et réaliser que nous ne contrôlons pas la vie. Un renversement que beaucoup vivent comme extrêmement difficile.

Chez les personnes qui souhaitent une naissance naturelle, on peut avoir envie de choisir la salle nature à l’hôpital, de demander de ne pas avoir de péridurale au personnel soignant, parfois même un accouchement à domicile est prévu. Pourtant, lorsque le jour J, le terme est dépassé sans que les contractions ne se déclenchent ; il faut finalement transférer la naissance à la clinique ou la salle nature est prise, finalement la mère demande un péridurale etc.

Face à cette même situation, deux discours intérieurs sont possibles :

  • « J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que l’enfant naisse naturellement. Maintenant, ces possibilités sont épuisées. D’autres moyens existent, pour m’aider comme pour aider l’enfant. »
  • « Je ne veux pas aller à la clinique, je ne fais pas confiance au personnel. Et puis j’ai échoué, puisque je ne peux pas accoucher chez moi ou parce que j’ai demandé la péridurale. Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas chez moi. »

C’est cette attitude intérieure — bien plus que les circonstances objectives — qui détermine si l’événement sera vécu comme un traumatisme ou comme une simple déviation acceptée du plan initial.

Le rôle de la personne qui accompagne quand tout dévie

Quand on sent qu’un accouchement s’éloigne de ce que la femme avait imaginé, nous privilégions toujours, en premier lieu, la parole. L’essentiel est d’« emmener » la femme dans ces processus qui ne correspondent pas à ses attentes — et souvent, cela passe par un déplacement du regard : de soi vers l’enfant. La question qui se pose maintenant : « Quelle qualité de mère puis-je déjà apprendre, là, maintenant ? »

Nous pouvons rapprocher ce moment d’une expérience plus large, celle de l’éducation : nous voulons que nos enfants suivent leur propre chemin, tout en espérant secrètement que ce chemin ressemble à celui que nous avions imaginé pour eux. Cela ne fonctionne jamais vraiment, et apprendre à lâcher cette exigence, dès la naissance, rend tout le reste de la relation parent-enfant plus simple.

Digérer une naissance qui a déçu

Que faire, après coup, quand la naissance a été différente — parfois très différente — de ce qu’on avait espéré ? Nous pouvons proposer une progression en plusieurs temps :

  1. Reconnaître la déception, sans la nier ni la minimiser. Se réjouir de l’enfant et regretter le déroulement de sa naissance ne sont pas deux sentiments contradictoires : ils peuvent parfaitement coexister.
  2. En parler — d’abord, le plus souvent, avec son ou sa partenaire (les pères aussi peuvent traverser un vrai chaos émotionnel), avec l’accompagnante à la naissance choisie (même uniquement en post-partum) , avec la sage-femme présente lors de l’accouchement ou lors du suivi post-natal, pour revenir sur le déroulement de la naissance. Si le post-partum ne laisse pas la place à ce retour, rien n’empêche de le faire plus tard. Cela peut-même se faire des années plus tard si nous n’avons pas pu le faire avant.
  3. Passer par le corps. Le toucher reste la voie la plus naturelle et la plus efficace : une étreinte simple entre partenaires, l’enfant tenu au creux des bras. Une huile appropriée, appliquée avec attention sur la peau, « peut faire de vrais miracles » — y compris, pour la mère, en massant quotidiennement une cicatrice de césarienne, comme un geste pour apprivoiser ce que la situation a eu d’imposé. On peut essayer de trouver une personne qui a l’habitude de masser les femmes en post-partum ou les bébés. Pour le massage choisir de l’huile d’amande douce et de l’huile d’olive en mélange, leur nature est tout à fait bénéfique pour le bébé et la mère.

N’hésitez pas à vous faire aider si vous en ressentez le besoin. Il est possible de travailler sur le vécu clinique voir à quel moment cela a basculé. Ensuite, nous pouvons voir ensemble comment transformer cette situation pour que vous puissiez en tirer le meilleur.

 

L’accouchement naturel ne vient pas toujours naturellement aux femmes.

Nous avons besoin d’un travail de conscience pour que les portes s’ouvrent…

si vous le souhaitez, vous pouvez être accompagnée vers ce processus:

Formation holistique à la naissance naturelle.

Le premier RDV (réel, visioconférence ou téléphone) est gratuit !

Pour prendre RDV: 07 68 69 39 67 ou bienvenue arobase naissance-naturelle point com